Lors des assemblées préparatoires du mouvement du 10 septembre « Indignons-nous / bloquons tout », émerge un fort désir de démocratie véritable et de transformation profonde de l'organisation de notre société. Le Référendum d'Initiative Citoyenne (R.I.C) revient sur le devant de la scÚne mais il n'est qu'un levier. Il semble important de réfléchir à des alternatives crédibles dÚs à présent.

C'est ainsi que nous vous proposons un texte de Constitution transitoire qui permettrait à la nation de fonctionner de façon trÚs différente, en attendant un processus plus large et plus long comme celui d'une création d'Assemblée Constituante. Ce texte a été élaboré par des citoyens épris de démocratie.

CONSTITUTION TRANSITOIRE DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

Version avril 2023


A/ Préambule

Ă  noter que pour des facilitĂ©s de lecture, le masculin a Ă©tĂ© privilĂ©giĂ© dans la rĂ©daction de ce texte. Ceci peut ĂȘtre modifiĂ©

La France est structurée sur le modÚle de République laïque, démocratique et bioéthique*. Sa langue officielle est le français. L'usage des langues locales est accepté en sus.

Le mode de fonctionnement du peuple français est la démocratie, ce qui signifie que les citoyens et citoyennes ont la capacité permanente de décider de tout ce qui concerne la nation et le peuple, en accord avec le principe « du pouvoir du peuple par le peuple pour le peuple ».

Aucune section du peuple ne peut ni détenir ni s'emparer de tout ou partie de ce pouvoir.

Le peuple français promeut une politique de l'Ă©quilibre Ă©conomique et Ă©cologique et de l'intĂ©rĂȘt dĂ©mĂ©tĂ©rien* partout dans le Monde en coopĂ©ration avec les autres peuples.

Le peuple français s'engage Ă  promouvoir la fraternitĂ© aussi bien sur le territoire national qu'avec les autres peuples. Il s'oppose aux politiques impĂ©rialistes irrespectueuses des volontĂ©s des peuples concernĂ©s autant que possible. Il respecte et soutient le droit des peuples Ă  disposer de leurs destins dĂ©mocratiquement dĂ©finis. La fraternitĂ© s’applique Ă  la biosphĂšre*.

Sont proscrits les mauvais traitements envers les animaux (y compris ceux destinés à la consommation).

L'espace aĂ©rien, les cours d'eaux et eaux territoriales, et le sous-sol de la France sont propriĂ©tĂ©s de la Nation et sont gĂ©rĂ©s par la Nation et l’État. Toute exploitation de ces biens doit faire l'objet de dĂ©cisions dĂ©mocratiques ne pouvant nuire Ă  l'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral.

Les citoyens sont seuls souverains en matiÚre de décisions, rédactions, ratifications, amendements ou retraits concernant les traités internationaux déjà existants ou à venir. Ces questions nécessitent l'organisation de référendums nationaux.

En aucun cas l'intelligence artificielle ne peut ĂȘtre utilisĂ©e pour l'Ă©laboration ou la mise en Ɠuvre des projets politiques.

Est citoyen ou citoyenne toute personne dont la naissance a Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©e aux services de l'État Civil, ayant au moins un de ses parents titulaire de la nationalitĂ© française, que la naissance de l'enfant ait eu lieu en France ou Ă  l'Ă©tranger.

L'accÚs à la citoyenneté française pour les personnes étrangÚres qui en font la demande est fixé par des tribunaux dédiés, sous le contrÎle des citoyens.

L’accĂšs Ă  la rĂ©sidence ou Ă  la citoyennetĂ© française exige le respect des lois et dĂ©cisions dĂ©mocratiques de la nation de la part du demandeur.

Tout citoyen majeur peut ĂȘtre amenĂ© Ă  assumer une fonction de dĂ©lĂ©guĂ© du peuple par le systĂšme du tirage au sort auquel peut s'ajouter une procĂ©dure d'Ă©lections si nĂ©cessaire et dĂ©cidĂ©e par les citoyens. Il a le droit de refuser cette fonction de son plein grĂ©.

La nation française garantit le droit d'asile pour toute personne étrangÚre courant un risque grave et démontré pour son intégrité physique et/ou psychologique en raison de persécutions avérées ou de menaces de persécutions dans son pays d'origine.

La nation assume pleinement la protection des mineurs* , notamment en cas de manquements éducatifs avérés, en cas d'agression, en cas de mise en danger physique, psychologique, intellectuel ou moral.

Les libertés, droits et devoirs individuels s'exercent de façon égale entre toutes les personnes quels que soient leurs genres, origines, conditions.

Les libertés individuelles ne sont limitées que lorsque leur expression nuit à la société ou entrave gravement les libertés et droits d'autrui. On comprend par libertés individuelles : la liberté de choisir son lieu et son type d'habitation déclaré en mairie, liberté de circuler sur tout le territoire français, liberté d'exprimer ses opinions, liberté d'entreprendre, liberté de culte respectant le caractÚre laïque de la république, liberté de choisir l'orientation de sa propre vie.

Toute personne a le droit de connaßtre et d'accéder à tous les documents et dossiers papiers ou numériques la concernant. Cette connaissance des documents établis, conservés ou enregistrés doit lui permettre toute action en justice éventuelle nécessaire.

Les libertés collectives (droit de se rassembler, droit de manifester par exemple) sont garanties par le mode de fonctionnement démocratique de la nation.

Les citoyens respectent réciproquement leurs propriétés individuelles.

La nation se dote d’une armĂ©e destinĂ©e Ă  assurer sa protection et sa dĂ©fense. En aucun cas, cette armĂ©e ne pourrait ĂȘtre utilisĂ©e Ă  des fins de rĂ©pression sur le peuple français.

La nation se dote de différents corps de fonctionnaires dont la mission est de garantir la sécurité des citoyens, la lutte contre la délinquance crapuleuse et la criminalité, la paix civile.

La Justice est mise en Ɠuvre par des magistrats et personnels fonctionnaires.

La justice pour les mineurs veille en premier lieu Ă  leur protection.

Les conditions d’exĂ©cution des peines doivent respecter la dignitĂ© humaine tout en protĂ©geant la sociĂ©tĂ©.

Les violences sexistes et sexuelles font l’objet d’une attention diligente de la part des enquĂȘteurs et des magistrats.

Les relations sexuelles entre personnes majeures doivent ĂȘtre librement consenties. En matiĂšre de relations ou exposition sexuelles concernant un mineur, faisant l'objet d'une plainte, la notion de consentement n’est pas reconnue.

La RĂ©publique Française Ă©tant laĂŻque, toute propagande ou tout prosĂ©lytisme religieux, tous signes ostentatoires d'appartenance religieuse, sont indĂ©sirables dans les lieux de soins, d'enseignement, d'Ă©ducation, de diffusion de l’information, de dĂ©bats politiques, de dĂ©tention pĂ©nitentiaire et dans les institutions de la RĂ©publique.

Les cultes religieux se déroulent dans des lieux dédiés et non sur l'espace public. L'expression de traditions ancestrales, désormais intégrées à notre Culture, inspirées par une religion, n'est pas considérée comme un culte.

L'accĂšs libre au public des cours d'eau, lacs et territoires maritimes est assurĂ© partout en France. La pĂȘche y est rĂ©glementĂ©e. Toutes les berges et bandes littorales permettent un droit de passage pour tous et sont publiques sur au moins trois mĂštres de large. Les plages sont entiĂšrement publiques. Un accĂšs limitĂ© Ă  ces zones pour cause de pĂ©ril ou de dĂ©gradation de l’environnement ne peut rĂ©sulter que d’une dĂ©cision dĂ©mocratique.

La nation française garantit à tous, citoyens et résidents autorisés un niveau de vie et un pouvoir d'achat convenables, revalorisés réguliÚrement par décision démocratique. Elle peut, en contrepartie des aides ou allocations octroyées, aprÚs étude de chaque cas, et en considérant les diverses activités de la personne concernée, demander une contribution à la vie de la société, à la mesure des capacités et compétences des bénéficiaires. Toutefois ce dispositif ne peut entrer en concurrence ni avec un véritable emploi ni avec un véritable salaire. Une allocation ne peut constituer un salaire.

Les personnes en situation de handicap sont soutenues par la nation et la collectivité en tous points : accÚs aux soins, aux études, à l'emploi, à la vie sociale et politique, aux équipements permettant le plus d'indépendance possible, tout cela au regard de l'importance de ce handicap.

La nation française garantit à tous ses citoyens et résidents autorisés l'accÚs aux droits et services fondamentaux (santé, logements salubres aux loyers encadrés par décisions démocratiques, accÚs aux énergies, à l'eau et aux communications à prix encadrés par décisions démocratiques, accÚs à une alimentation saine, école gratuite et laïque pour tous les mineurs, services d'accueil et d'éducation gratuits pour la petite enfance, éducation populaire et à la vie citoyenne, formation et enseignement continus pour adultes, accÚs à une information libre et non faussée grùce à des canaux médiatiques dépourvus de publicités commerciales, contrÎlés par les institutions dédiées et des collÚges de citoyens, justice, préservation dans l'équilibre bioéthique de la beauté et de la santé de notre environnement, transports collectifs et équipements de transports individuels de qualité et à prix encadrés par décisions démocratiques, accÚs à la Culture ). Les biens, institutions et services nécessaires à la réalisation de ces droits sont propriété de la nation et sous contrÎle permanent de collÚges de citoyens.

Cela n'interdit pas à des entreprises privées de monnayer certains de ces services mais sans recevoir aucune subvention publique, considérant que leur profit dégagé est limité par la nécessité des équilibres démétériens* fondamentaux et imprescriptibles. La création et le fonctionnement d'une entreprise privée ne doivent pas nuire à l'environnement ni aux libertés des citoyens.

La nation a l'absolue souveraineté monétaire.

Les monnaies locales ou citoyennes n'ont pas besoin d'ĂȘtre adossĂ©es Ă  la monnaie officielle de la France.

La nation garantit aux citoyens d'avoir accÚs à des moyens de paiements gratuits. Elle garantit aux citoyens de pouvoir payer à leur convenance par tous moyens disponibles : chÚques, espÚces dans la monnaie officielle de la France, carte bancaire ou autres moyens numériques et monnaies locales ou citoyennes (au moins en partie).

L’État se dote et dispose des moyens financiers lui permettant d'entrer dans la compĂ©tition avec les entreprises privĂ©es quand les citoyens le jugent pertinent.

L’État traite avec les entreprises privĂ©es par le moyen de commandes qui lui permettent de rester propriĂ©taire et gestionnaire de ses divers territoires et Ă©quipements. Ces commandes doivent ĂȘtre approuvĂ©es dĂ©mocratiquement.

Les textes de la Constitution et de son prĂ©ambule, adoptĂ©s par rĂ©fĂ©rendum universel, reprĂ©sentent l'esprit et l'orientation de la nation, de la RĂ©publique et de l’État Français. Le peuple souverain seul dĂ©tient la lĂ©gitimitĂ© pour approuver ultĂ©rieurement, selon le mĂȘme mode de consultation, les Ă©ventuelles modifications nĂ©cessaires.

Toutes les lois doivent ĂȘtre compatibles avec l'esprit et avec les textes de la Constitution et de son prĂ©ambule.


B/ Lexique

Pour une bonne compréhension collective pour éviter les confusions liées aux polysémies. Certains concepts nécessitent de nouveaux termes ici présentés.

« DĂ©mocratie » : le pouvoir du peuple exercĂ© uniquement par le peuple et dans l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral du peuple. Cette dĂ©finition exclut la possibilitĂ© de toute dĂ©lĂ©gation temporaire ou permanente de la prise de dĂ©cision Ă  des « reprĂ©sentants » ayant le pouvoir de dĂ©cider sans consulter les citoyens et sans mandat prĂ©cis de ces mĂȘmes citoyens.

« Nation » : communautĂ©, dĂ©finie comme entitĂ© politique, rĂ©unie sur un territoire et organisĂ©e institutionnellement en État.

« État » : organisation que la sociĂ©tĂ© utilise pour s'orienter et se gĂ©rer politiquement et juridiquement.

« Peuple » : ensemble d'ĂȘtres humains vivant sur le mĂȘme territoire ou ayant la mĂȘme nationalitĂ©, ayant en commun une culture, des mƓurs, un systĂšme de gouvernance. Ceux-ci forment Ă  un moment donnĂ© une communautĂ© partageant majoritairement un sentiment d'appartenance durable, une communautĂ© de destins. Ce sentiment d'appartenance peut venir de l'une au moins de ces caractĂ©ristiques : un passĂ© commun, rĂ©el ou supposĂ©, un territoire commun, une langue commune, des valeurs communes.

« Démétérien » : en relation avec le concept de « Terre-MÚre » (la déesse Déméter), respectueux de la planÚte Terre.

« RĂ©publique » : provient du latin « res publica » qui signifie, au sens propre « chose publique » et dĂ©signe l'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral pris en compte et gĂ©rĂ© par un mode de gouvernance.

« Bioéthique » : relatif aux préceptes moraux concernant la préservation du vivant et les pratiques exercées sur le vivant.

« BiosphĂšre » : ensemble des milieux oĂč l'on retrouve la vie comme l'eau, une partie du sol et l'air.

« Mineur » : personne n'ayant pas atteint l'ùge légal de la majorité.


C/ Structuration de l’État

Ce chapitre est constitué des parties suivantes, disponibles dans le document téléchargeable ci-aprÚs.

  • Partie 1/ DĂ©finition du mandat rĂ©publicain
  • Partie 2/ Les diffĂ©rentes institutions politiques
    -- Le Comité Citoyen Local
    -- L'Exécutif Communal
    -- La Circonscription Législative, l'Assemblée Nationale et l'Assemblée Constituante
    -- L'Assemblée Départementale
    -- L'Exécutif Départemental
    -- Les Conseils Régionaux
    -- L'Exécutif National
    -- La Haute Cour de Justice de la République


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