Notre assemblée-débat en visioconférence sur le thème « La Monnaie et la Dette publique » a eu lieu le mercredi 18 novembre.

Après l'ouverture de la séance par Sophie, Ana Sailland a réalisé un excellent exposé sur les principes monétaires et le système en place aujourd'hui, l'historique depuis les années 1800, sur la différence notable entre dette privée et dette publique... Ses propos qui se voulaient être à la portée de tous - le but étant que chacun assimile correctement les principes - ont été entrecoupés d'échanges passionnants et de quelques apports et exemples par Jean-Christophe et Bruno, deux spécialistes également de ce domaine.


« Si la population comprenait le système bancaire, je crois qu'il y aurait une révolution avant demain matin. ». Citation de Henry Ford.



Une brève introduction


La Monnaie

Une Nation est libre et indépendante quand elle a le pouvoir de créer et de gérer sa monnaie.

La Loi n°73-7 du 3 janvier 1973 sur la Banque de France (aussi appelée loi Pompidou-Giscard-Rothschild, Pompidou fut directeur général de la Banque Rothschild) dont l’article 25 interdit en effet au Trésor Public d’emprunter directement à la Banque de France, enterre notre indépendance. Ceci conduit au financement de L’État par des banques privées, et donc à l'apparition d'une charge d'intérêts. Elle est remplacée dans les faits par les différents traités européens interdisant le financement des états directement par la BCE.

Pourtant les français ont refusé l’Europe de la Finance en 2005.

Le constat est simple, les politiciens n’ont plus aucun pouvoir et sont asservis aux banquiers du nouvel ordre mondial. La démocratie est bafouée.

La monnaie est un bien commun au service des citoyens, elle permet les échanges. Tout le monde doit connaître son fonctionnement, la compréhension du système monétaire est au cœur de la démocratie.


La Dette

Bénéfices privés, dette publique !

La dette, création de la connivence entre politiciens et financiers, est un moyen d’asservissement des peuples par la crainte de la précarité. Car elle permet aux spéculateurs du Nouvel Ordre Mondial d’imposer une rigueur budgétaire à l’État et le forcer à tout privatiser.

Macron, lui aussi ex-directeur chez Rothschild, chantre du libéralisme et de la mondialisation, en bon petit soldat des riches brade la France aux spéculateurs. Les services publics, les caisses de retraites, tous les biens communs doivent entrer dans les caisses privées pour rembourser les intérêts.

Les néo-libéraux n’en ont rien à faire de la France et de ses citoyens, seuls comptent les intérêts particuliers des 1% qui possèdent tout.



La synthèse en vidéo et texte


1ère partie

2ème partie

3ème partie (patience, elle est en cours de montage)

Résumé textuel pour une information rapide, mais les vidéos sont plus complètes !

Tout d’abord deux chiffres : aujourd’hui, ce que l’on nomme « dette publique » représente environ entre 1500 et 1800 milliards d’Euros, c'est-à-dire approximativement 120% des richesses produites en France en une année. Mais la « dette du public » c'est-à-dire des citoyens équivaut environ à 4500 milliards d’Euros.

ERRATUM : Tout s’emballant, la dette a considérablement augmenté très récemment :
. dette publique (de l'Etat) 117% du PIB, environ 2700 milliards, 2900 prévus pour bientôt
. dette privée des ménages ~60% du PIB, environ 1350 milliards
. dette privée des sociétés non financières ~ 80% duPIB, environ 1800 milliards
Le cumul de ces 2 dettes privées est d'environ 3200 milliards, et il y a d'autres dettes privées, tout n'est pas dans ces deux catégories.

Cela pose donc la question fondamentale de la création et de la destruction monétaire. Comment se crée la monnaie ? Et qu’appelle-t-on « monnaie » ? La monnaie ne s’incarne pas seulement en billets et pièces. La majeure partie de la « monnaie » est constituée d’écritures dans les comptabilités des banques.

La monnaie apparaît, est créée, lorsque l’on demande un crédit à sa banque. Remarquons au passage, que ces banques sont des institutions privées qui échappent totalement au contrôle et à des décisions démocratiques. Ni le peuple, ni les élus, ni les gouvernements ne s’immiscent dans la gestion bancaire. Ce qui signifie qu’un droit « régalien » a été transféré à des personnes privées (les actionnaires des banques).

Lorsque le crédit est accepté par la banque, les fonds sont débloqués, fonds qui n’existaient pas concrètement avant que ce crédit ne soit accordé ! Le débiteur a alors l’obligation de rendre cet argent, avec intérêts. Je rappelle : un argent qui n’existait pas, que la banque ne possédait pas concrètement ! Mais la banque perçoit des intérêts dont les taux n’ont jamais été décidés de façon démocratique. Les « intérêts », c’est le « loyer » adossé à la « monnaie » qui circule.

Lorsque le débiteur a remboursé sa dette, la banque détruit la monnaie qu’elle a reçu pour éviter l’inflation, c'est-à-dire pour éviter qu’il n’y ait désormais trop de monnaie en circulation, ce qui ferait que cette monnaie trop abondante perdrait de la valeur (ce qui est rare est cher, ce qui est abondant est bon marché). D’ailleurs, on détruit plus de monnaie que l’on n’en crée. Toute cette circulation est aujourd’hui privatisée, automatisée.

Ce système implique de ne fonctionner qu’avec des projets de « croissance ». C’est ce que l’on appelle l’ »Argent-dette ». Et cet argent est essentiellement constitué de « monnaie scripturale », c'est-à-dire d’écritures sur des livres de comptes (numériques) et non pas de monnaie « fiduciaire » concrète (or, pièces, billets etc…). En quelque sorte, on pourrait dire que c’est « du vent ».

La dette de l’Etat, de la Nation provient du fait que sont vendues aux enchères des obligations d’Etat à de gros acteurs milliardaires constituant une sorte de club. Elle résulte donc d’un contrat entre l’Etat et le prêteur. Là aussi, aucune intervention du peuple pour définir ce contrat. C’est donc de l’Argent-dette confisqué à la population par des contrats « léonins ». (Contrat léonin : qui attribue tous les avantages, qui fait la part du lion à quelqu’un). L’Etat, lui, est privé de la création monétaire. Ce sont les banques (privées je rappelle) qui décident qui va être financé et donc qui privilégient tel ou tel type de pouvoir politique.

Les critères d’un prêt sont basés sur la « rentabilité » du projet de l’emprunteur. Cela signifie qu’un projet social, culturel écologique qui n’aurait pas pour but le profit financier mais plutôt le bien-être et le bien vivre, n’intéresse pas les banques. C’est l’économie dite « extractive » qui est privilégiée et non pas l’économie du bien vivre.

Un peu d’histoire : les évènements marquants de l’histoire récente de la dette sont :

  • 18/01/1800, Bonaparte crée la Banque de France qui, comme son nom ne l’indique pas, est totalement privée.
  • A la sortie de la seconde guerre mondiale, la Banque de France est nationalisée (comme quoi, c’est possible !). Elle reste nationale jusqu’au 3/01/1973 quand Pompidou décide son démantèlement en faisant voter une cinquantaine de lois détruisant « le circuit du Trésor », qui permettait à l’Etat de s’endetter à moindre frais, alors que maintenant, l’Etat doit passer par des obligataires privés.
  • Il est important de constater que ces quasi trente ans de gestion publique de la Banque de France correspondent à cette embellie économique et sociale que l’on a appelée : « les Trente Glorieuses ».

Si donc, un peuple désire conquérir sa souveraineté monétaire, cela doit concerner les domaines suivants :

  • Création monétaire
  • Choix des cibles de la création monétaire
  • Droit d’encaisser les intérêts
  • Droit d’héberger la monnaie
  • Circulation de la monnaie
  • Destruction monétaire
  • Fixation des taux directeurs (taux d’intérêts ou prix de l’argent)

Si un peuple souhaite l’effacement de sa dette, c’est possible mais progressivement afin de ne pas créer un effondrement total. Par exemple, avoir une banque Nationale qui rachète les obligations arrivant à terme en ayant le pouvoir légal de le faire avant des acheteurs privés.

Ce qui amène à dire qu’un peuple souverain en matière monétaire se libère de la dette.

On constate donc que les deux piliers les plus essentiels d’une société du Bien Vivre sont la démocratie directe et omniprésente (d’où la nécessité d’une Constitution adaptée à cette volonté) et la souveraineté monétaire avec gestion démocratique de la finance. Sans cela, les individus ne sont même plus des « citoyens ».


Quelques références utiles

  • Le carton de bière du bourgmestre, ce petit film montre que la monnaie peut être créée par reconnaissance de dettes d'une Autorité
  • Livres : « La dette, une affaire rentable », « Dette, 5000 ans d’histoire », « Dette et extractivisme » (éditions Utopia)
  • Auteurs à lire : Philippe Derudder, David Graeber
  • Le Florain, monnaie locale citoyenne et complémentaire du sud de la Meurthe et Moselle

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