Ce n’est pas la fin du monde qui est arrivĂ©e, c’est la fin de notre monde 


Benoßt expose dans ces quelques lignes son point de vue sur les changements géopolitiques qui s'opÚrent actuellement. Nous vous invitons à y réfléchir et avec Benoßt nous vous proposerons prochainement une causerie sur ce thÚme afin d'échanger sur les orientations que nous citoyens de France souhaiterions pour l'avenir de notre pays et pour le peuple du continent européen.

De l'impérialisme au mondialisme

Nous avons vĂ©cu depuis l’aventure des Compagnies des Indes europĂ©ennes au 17Ăšme siĂšcle sur le paradigme de l’impĂ©rialisme, puis du colonialisme. Cela signifie que l’Europe dominait le monde grĂące au progrĂšs scientifique et technique, issu de la dĂ©couverte de la mĂ©thode expĂ©rimentale. L’apogĂ©e s’est situĂ©e au 19Ăšme siĂšcle, notamment pour l’Empire britannique, sur lequel le soleil ne se couchait jamais et dont la vitrine Ă©tait l’Inde.

Les 2 guerres mondiales ont considĂ©rablement affaibli l’Europe et ont promu sur le devant de la scĂšne les États-Unis. AprĂšs la Seconde guerre mondiale, et les accords de Yalta, un nouvel ordre mondial a Ă©mergĂ©, bipolaire, Est contre Ouest. Du cĂŽtĂ© du capitalisme libĂ©ral, l’ordre s’est agencĂ© de la maniĂšre suivante : officiellement, les États-Unis dominaient politiquement. Dans la rĂ©alitĂ©, l’Empire britannique s’est commuĂ© en Empire financier autour de la City de Londres et de Wall Street. Les vrais dirigeants de l’Ouest ont ainsi Ă©tĂ© les financiers depuis l’assassinat de JFK, en 1963, et la fin des accords de Bretton Woods, en 1971, dont les 2 principales figures ont Ă©tĂ© George Shultz pour les États-Unis et lord Jacob Rothschild pour le groupe Inter-Alpha, principal consortium bancaire reprĂ©sentant la City de Londres et ses dĂ©pendances.

Avec l’effondrement de l’URSS autour de 1990, la monde est devenu unipolaire. Les Anglo-saxons se sont crus les ultimes rois de l’histoire, prĂ©tendant que la fin de l’histoire Ă©tait advenue (selon l’expression de Fukuyama reprise Ă  Hegel et transformĂ©e). Il faut bien comprendre qu’ils n’étaient plus libĂ©raux, ni capitalistes, mais mondialistes, c’est-Ă -dire partisans d’un monde sans souverainetĂ© nationale, avec des fĂ©dĂ©rations oligarchiques chapeautĂ©es par un gouvernement mondial, une dĂ©population virulente et un inĂ©galitarisme radical. Le but ? Le surhomme technologique et Ă©ternel cher aux transhumanistes.


L'effondrement du mondialisme

Sans rentrer dans les dĂ©tails de cet Ă©pineux et tragique Ă©vĂ©nement, j’émets l’hypothĂšse non dĂ©montrĂ©e ici que le 11 Septembre a Ă©tĂ© lancĂ© par les mondialistes pour dĂ©truire la Russie et la Chine, aprĂšs le prĂ©texte de la guerre contre le terrorisme. Ils ont Ă©chouĂ© et le rĂ©sultat est devenu visible avec la guerre en Ukraine : dĂ©sormais, la Russie Ă©tait plus forte militairement que l’OTAN, États-Unis compris. La Chine Ă©tait la premiĂšre Ă©conomie, l’Asie en plein boom. Les Ă©conomies hors de l’Occident s’étaient dĂ©veloppĂ©es Ă  un point tel que le nouvel ordre multipolaire Ă©tait inĂ©vitable et irrĂ©versible.

RĂ©sultat : le 15 aoĂ»t de cet annĂ©e, Trump et Poutine se seraient rĂ©unis Ă  Anchorage pour proposer la sĂ©paration du monde en 3 zones d’influence, les USA et l’AmĂ©rique, la Russie et la Chine se partagent le reste du monde (notamment selon l’analyse militaire d’origine russe Martyanov).


Vers un monde multipolaire

Il ne s’agit pas du retour de l’impĂ©rialisme, mais au contraire de l’avĂšnement du nouvel ordre multipolaire. Les USA n’ont plus les moyens de rĂ©genter le monde, ni mĂȘme l’ensemble des continents amĂ©ricains. La Russie et la Chine sont des partenaires solides et promeuvent les relations multilatĂ©rales dans leur zone. L’Inde est appelĂ©e trĂšs prochainement Ă  jouer un rĂŽle qui rebattra les cartes. L’Afrique sera le grand continent du dĂ©veloppement dans les dĂ©cennies qui viennent.

L’Europe semble passer sous l’influence russe, ce qui ne signifie pas qu’on parlera russe Ă  Paris ou Ă  Londres. Mais c’est la fin de l’UE et de l’OTAN, des crĂ©ations anglo-saxonnes. C’est aussi et surtout la fin de l’Empire britannique, mĂȘme si les financiers de la City espĂšrent se rĂ©inventer Ă  Hong Kong ou ailleurs, sur le modĂšle de ce que les financiers vĂ©nitiens ont fait aprĂšs le 14Ăšme siĂšcle, quand leur pouvoir s’est effondrĂ©.

Sans doute les vieux États europĂ©ens doivent-ils rĂ©apprendre le souverainisme et renouer avec la Russie. Sans doute est-ce la raison pour laquelle les EuropĂ©ens commencent Ă  appeler au dialogue avec la Russie, derriĂšre leurs rodomontades grotesques de façade appelant la Russie Ă  reconnaĂźtre sa dĂ©faite contre l’Ukraine (sic). Ce n’est pas le signe que des fĂ©dĂ©rations ne sont pas possibles en Europe. Au contraire, le monde multipolaire signifie que les États souverains doivent coopĂ©rer entre eux sur le modĂšle multilatĂ©ral. On va vers des alliances rĂ©gionales un peu partout dans le monde, commerciales et politiques.


Quel modĂšle pour la France, l'Europe ?

Ce qui prend la place de l’impĂ©rialisme, c’est le souverainisme. Celui-ci est traditionaliste, donc naturellement conservateur, voire trĂšs. DĂšs lors, pour nous Français, les questions qui se posent sont, notamment : faut-il revenir au modĂšle français ? Essayer un nouveau modĂšle europĂ©en, une fois l’UE dĂ©mantelĂ©e, ce qui est inĂ©vitable ? Faut-il revendiquer l’exception française, c’est-Ă -dire la dĂ©mocratie ? Quelle dĂ©mocratie ? La dĂ©mocratie directe est-elle compatible avec le souverainisme, sachant que la dĂ©mocratie reprĂ©sentative l’est ? Le souverainisme peut-il ĂȘtre de gauche ? Quel est le meilleur souverainisme ?

Toutes ces questions sont celles de demain. Pas dans un avenir si lointain qu’il ne nous concerne pas. Le changement est arrivĂ©, c’est le plus grand depuis 3 siĂšcles et il mĂ©rite que nous cherchions Ă  le comprendre, si nous voulons le rĂ©ussir. Ce n’est qu’ainsi que nous nous en sortirons au niveau français.

Le risque : l’Europe de l’Ouest est la zone dans laquelle les mondialistes se sont retirĂ©s pour mourir. La France en particulier. Sur le plan politique, Macron est un vieillard en fin de vie, qui ne le sait pas et qui voulait ĂȘtre le maĂźtre de l’Europe et du monde selon les fichiers Epstein. C’est nous qui fabriquons notre futur. Nos Ă©lites actuelles en sont incapables. En plus, elles sont dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©es, l’affaire Epstein entre autres nous l’indique (le ministĂšre de la Justice amĂ©ricain refuse, sauf erreur de ma part, de dĂ©classifier 1/3 des documents, tellement les pratiques qui y ont cours sont traumatisantes).

Si nous ne montons pas sur la scĂšne de l’histoire, nous risquons Ă  trĂšs court terme le chaos, la guerre civile et la pauvretĂ© durable. Ce n’est pas une fatalitĂ©, Ă  condition de saisir les enjeux qui ont cours en ce moment mĂȘme.


Benoßt d'Houtaud - point de vue, février 2026


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